On dit qu'à chaque jour suffit sa peine. Peu être l'adage dit-il vrai, peu être que de lui-même, notre être décide qu'il est temps de mettre un terme à ses souffrances, que l'on a suffisamment subit, et que l'on a droit à nouveau de respirer, un peu. C'est un instant comme il en arrive peu, comme si d'un coup d'un seul, le vacarme environnant cessait, et que l'on devienne le seul à en avoir conscience, que l'on soit l'unique à ne percevoir que ce silence, et rien d'autre.
Comme si tout autour de vous était figé.
Pourtant, c'est évident, rien n'a changé, les gens sont toujours les mêmes, ils ont toujours les mêmes voix, les mêmes visages, les mêmes mots... Non, rien n'a changé. C'est nous qui avons changé soudainement d'écoute, comme si les mots qui autrefois glissaient sur nos âmes comme vos pas s'enchainent en marchant sur le bitume sans en entraver l'aspérité, étaient devenu brusquement plus sensés, plus vrais.
Comme si le vent influait enfin sur la direction que l'on souhaite prendre.
Ce jour tant attendu s'est nourrit de la douleur dont il avait besoin pour mûrir et arriver à terme, comme les deux bouts d'un pont que l'on aurait enfin réussi à joindre, comme si le chaînon manquant de la guérison avait toujours refusé de se révéler, à la manière d'un étoile que les nuages s'obstineraient à cacher. La construction reprend, se termine, et rien ne va plus. Elle n'apporte pas le soulagement que l'on en attendait. Celle-ci à beau être achevée, elle laisse un arrière goût étrange, comme s'il manquait encore quelque chose. Peu être est-ce là le prix à payer, celui de sentir s'être vu arracher une partie de son être, et constater que malgré tout ses efforts, rien ne comblera ce vide. C'est lorsque l'on croit arriver au bout du chemin que l'on constate qu'il n'est que le commencement d'un nouveau, toujours plus long, toujours plus complexe.
Oui cet article est vide, mal construit, mais ce désordre est l'image même des ruines qui sommeillent en moi. Je doute encore de pouvoir arranger ça.